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dimanche 28 juin 2026

Reprendre de la hauteur

Du 28 juin au 7 juillet 2026 se tient, principalement à Zagreb, la 15e édition du Festival Miroslav Krleža (prononcer "Keurlèja"). Comme son nom l'indique, cet événement culturel est 100% dédié à celui qui est considéré comme l'un des plus grands écrivains croates modernes, né à Zagreb en 1893 et mort dans la même ville en 1981. 

Miroslav Krleza est ainsi né citoyen de l'Autriche-Hongrie, et il mourra Yougoslave. Tout au long de ses 88 ans de vie, il sera bien-sûr aussi et avant tout Croate, une nationalité à l'époque de l'Empire, une nation, un peuple, au temps de la Yougoslavie. 
Et Croate il sera, avec toutes les variations, nuances, contradictions et aspirations que cette longue vie lui aura permis d'expérimenter, au coeur d'un territoire lui-même soumis à de nombreuses mutations politiques, historiques, culturelles, et même linguistiques. L'oeuvre de Krleža, ses thèmes, mais aussi la vie et la personnalité de l'écrivain, portent indéniablement la marque des soubresauts historiques qu'a connu la Croatie.

En tant qu'homme de lettres, Krleža aura le privilège d'être un témoin actif de son temps. Sur le plan littéraire, Krleža est certes un pur produit de la Mitteleuropa, avec des influences des Autrichiens Rilke ou Kraus, mais son hinterland culturel ne se réduit pas uniquement à cet ancrage logique, vu la position de Zagreb. Il intègre aussi les lettres scandinaves (Ibsen), russes (Dostoïevski) et françaises (Proust). Outre sa langue maternelle, Krleža parlait aussi allemand, hongrois, italien et français.

jeudi 25 juin 2026

Le sourire du monde futur



"La Slovénie est indépendante" titre le quotidien de Ljubljana "Delo", le 25 juin 1991. C'était il y a un 35 ans. Immortalisée par l'objectif de Robert Rajtić pour l'AFP, une députée du parlement slovène tient cette une "historique". Son sourire est franc, sincère, généreux, radieux comme les lendemains qui chantent et les instants suspendus aux allures de promesse.

Cette charmante dame au visage rayonnant se doute-t-elle que dans quelques heures, quelques jours, semaines et mois, la promesse de lendemains meilleurs se transformera en un cruel bain de sang, dont les civils seront les principales victimes? La "petite Slovénie" s'en sortira certes mieux que ses anciennes voisines, avec une "petite guerre", vite pliée, en dix jours, dont la soixantaine de morts, même s'ils sont déjà de trop pour tout pacifiste ou humaniste normalement constitué, semble dérisoire face aux plus de 200 000 tués estimés, et au 4 millions de réfugiés et déplacés, qui suivront un peu partout dans l'ancienne fédération.