Je confesse avoir vraiment du mal à contenir un mélange d'irritation et de colère face à un certain nombre d'articles de journaux, ainsi que de publications individuelles sur les réseaux sociaux, en France et ailleurs, à propos de ce qui vient de se passer en Serbie. Cela ne fait même pas une semaine que la Liste Etudiante a gagné les élections que nous avons déjà droit à toutes sortes d'interrogations et spéculations obsessionnelles, posées sur le ton de la sèche injonction et de l'interrogatoire musclé : la Serbie va-t-elle adhérer à l'Union Européenne ? D'ailleurs partage-t-elle vraiment nos valeurs ? Reconnaîtra-t-elle enfin l'indépendance du Kosovo ? Quels seront ses liens avec la Russie ? Ohlala, y a des fachos dans le mouvement étudiant ! Qui, combien ? Attention, il faudra vite et bien s'en distancer !! Le pays sera-t-il capable d'engager les indispensables réformes ? Sont-ils favorables à la libre concurrence et aux droits LGBTIQ+ ? Est-ce que Srebrenica sera reconnu comme un génocide ? Quelle est donc leur position sur la Palestine ? Sont-ils peut-être antisémites ? Mangent-ils végan, sont ils prêts à recycler leur urine, et aiment-ils la France comme elle les a aimé ? Sans oublier l'inénarrable et ultra ressassée mère de toutes ces questions : le peuple serbe va-t-il enfin tourner le dos à ses démons ?
Est-ce qu'on pourrait peut-être se calmer un peu ici, et laisser les Serbes se poser et souffler ?
Je ne dis pas que toutes ces questions ne sont pas fondées et qu'elles ne sont pas importantes.
Tout le monde se les pose, bien-sûr, moi compris (certes pas forcément en ces termes caricaturaux).
